Réponse à la récente réplique de Visio

بسم الله الرحمن الرحيم
Visio a émit quelque remarques sur le chapitre 4 de notre réplique intitulée « la victoire des gens de la Foi », alors nous avons-nous aussi aimé faire quelque remarques à ses propres remarques.
 
En noir italique : les propos de Visio
En rouge : nos propos.
 
 
Avec ses paroles, notre contradicteur a dynamité sa croyance, sa doctrine, car il a reconnu que l’acte en lui-même (légiférer des lois) ne suffit pas à rendre mécréant, mais qu’il faut également qu’il soit accompagné d’une parole de mécréance.
Je n’ai jamais dit qu’il faille que l’acte soit accompagné d’une parole, j’ai dit que l’acte doit être commis par quelqu’un dont le principe est qu’il ne se réfère pas à la religion pour définir la Loi, que cela soit proclamé par une parole, ou que cela soit connu par l’usage ou autre…
 
Puis il dit :
« Il existe donc une très grande différence entre l’hérétique et le codificateur de lois, à savoir que l’hérétique musulman ne s’imagine pas un seul instant être la source de sa loi, il est au contraire convaincu que c’est la Loi d’Allah, il est donc monothéiste et n’attribue la fonction de législateur à aucun autre qu’Allah »
 
Réponse :
Il est faux de dire : « l’hérétique musulman ne s’imagine pas un seul instant être la source de sa loi ». bien au contraire !
L’imâm Châtibi a dit (page 191):
والثالث أن عامة المبتدعة قائلة بالتحسين والتقبيح [العقلي] فهو عمدتهم الاولى وقاعدتهم التي يبنون عليها الشرع فهو المقدّم في نحلهم بحيث لا يتهمون العقل وقد يتهمون الأدلة إذ لم توافقهم في الظاهر حتى يردّوا كثيرا من الادلة الشرعية
Troisièmement : L’ensemble des innovateurs pratiquent la décision de ce qui est bon ou mauvais par la simple raison [1]. Elle est leur fondement principal et constitue la règle par laquelle ils construisent la législation. Elle est prioritaire dans leurs « religions » de sorte qu’ils refusent de remettre en cause la raison. Ils remettent en cause les sources de la législation (Hadiths, verset) lorsqu’elles ne correspondent pas en apparence à ce qu’ils décident avec la raison, de sorte qu’ils rejettent ainsi un grand nombre de textes de la législation.
 
Et il dit :
فعلى الجملة : العقول لا تستقل بإدراك مصالحها دون الوحي. فالابتداع مضاد لهذا الاصل
 
« La raison ne peut à elle seul savoir ce qui est bon sans le concours de la révélation, or l’hérésie s’oppose à ce fondement. »
 
Donc vous voyez que l’innovateur désigne sa propre raison comme la source principale de la législation. Il croit pouvoir légiférer à coté d’Allah.
 
Subhanallah ! Si réellement c’est ce que tu penses, est-ce que oui ou non cette personne a donné un associé à Allah ? Si oui, le fait il de sa croyance oui ou non ? Tu nous as dit que si le législateur  DIT : La source de législation est le président, et non Allah » il y a deux possibilité : Ou bien il le croit vraiment, et dans ce cas c’est une mécréance du cœur qui prend son siège au niveau de la conviction (ou la parole du cœur), ou bien il n’y croit pas, et dans ce cas c’est une mécréance du cœur qui se situe au niveau de l’action du cœur (le reniement du droit d’Allah à légiférer). En effet, aucun musulman ne peut prononcer de telles paroles tout en ayant un atome de Foi dans le cœur.
Ici tu nous dis clairement que celui qui dit qu’il est source de législation en dehors d’Allah ne peut avoir un atome de Foi dans le cœur et ne peut qu’être mécréant, sans faire de différence dans ce statut entre celui qui le croit vraiment et celui qui ne le croit pas, puis après tu nous affirme que « l’innovateur désigne sa propre raison comme la source principale de la législation. Il croit pouvoir légiférer à coté d’Allah. » L’innovateur croit donc être source de loi en dehors d’Allah d’après toi, et malgré ça il n’est pas mécréant d’après toi ?! Je ne comprends rien à ton concept… D’un coté tu nous dis que celui qui pense être source de Loi en dehors d’Allah a mécru et sa mécréance est relative à la parole du cœur, puis après tu nous affirme l’exact contraire de ça qui est que celui qui croit ça est un musulman innovateur !
 
Il pense que sa raison peut innover des actes agrées par Allah tout en sachant pertinemment que ce n’est pas Allah qui les a légiféré mais sa propre raison. Mais il pense que cela lui est autorisé. Il dira donc : « oui je sais qu’Allah ne l’a pas légiféré, mais il y a un bien dedans donc Allah l’agrée ». Il suffit de prendre l’exemple de ceux qui comptaient les tahlils avec les pierres et qui on dit à 3abdoullah ibn mas’oud : « Nous ne voulions que le bien ».
Conclusion : l’innovateur désigne une autre source de la législation avec Allah : la raison. C'est-à-dire lui-même. Donc il est faux de dire que « l’hérétique musulman ne s’imagine pas un seul instant être la source de sa loi ». Il s’imagine au contraire être une source de la loi et cela ne le rend pas forcément mécréant. Sauf s’il croit réellement être un égale d’Allah, et dans ce cas on est dans la mécréance du cœur.
Nous sommes en train de parler d’un innovateur, c'est-à-dire celui qui désir plaire à Allah et Le satisfaire, est-il possible qu’il avoue en même temps désobéir à Allah et contredire Sa Loi ? Non évidemment, l’innovateur est convaincu qu’il plait à Allah et qu’Allah accepte et aime son œuvre, l’innovateur considère que sa façon de définir la Loi est acceptée par Allah et entre dans l’ensemble de la législation d’Allah, c'est-à-dire qu’il pense que ce qu’il fait est en accord avec la Loi d’Allah. Même s’il croit qu’Allah lui a permis d’utiliser sa raison pour définir le bien et le mal, il pense néanmoins que sa raison est une source religieuse définie par Allah, tout comme les sunnites estiment que le Qyâs, l’usage etc. sont des sources de Loi définies par Allah, et il [l’innovateur] ne dit pas « Je sais qu’Allah a interdit cela, mais moi je dit que c’est comme ça qu’il faut faire ! »
La bienfaisance envers les parents par exemple, a été ordonnée par Allah, mais n’a pas été définie par Son livre, la définition de la bienfaisance revient à une autre source de Loi définie par Allah qui est : El 3Urf, (l’usage) et donc selon le 3Urf des gens l’acte sera ou non considéré comme bienfaisance envers les parents. Et il y a ainsi beaucoup de prescriptions divines qui seront définie par le 3Urf des gens, cela ne veux absolument pas dire que le 3Urf légifère ce qu’Allah n’a pas légiféré ou encore que le 3Urf est une source de Loi autre qu’Allah.
C’est de la même manière que l’innovateur voit les choses concernant sa raison, il ne pense pas légiférer avec Allah ou en dehors de Lui, il pense juste que sa raison est un moyen d’atteindre ce qu’Allah aime. Cette croyance n’a rien a voir avec l’acte du législateur.
Le législateur sur qui nous débattons quant à lui déclare qu’il ne se réfère pas à la religion, et qu’il ne désir pas se rapprocher d’Allah par sa Loi, mais il déclare que c’est sa loi à lui qui doit être suivie et que la Loi d’Allah ne peut être appliquée, alors dit moi que reste t’il à cette personne pour qu’on puisse la qualifiée d’avoir dépouillé Allah de Son autorité et de Sa Seigneurie et de s’être accaparé la fonction de Seigneur législateur en dehors de Lui ?
 
Puis il dit :
Deuxième point :
« Concernant la citation de l’imam Châtibî, il dit exactement la même chose que nous avions dit : à savoir que quiconque contredits Allah et Son messager exprès et consciemment, c’est un mécréant »
Réponse :
L’imâm châtibi ne dit absolument pas ça !
Non seulement Châtibî dit cela, mais l’ensemble des sunnites !
 
Le contradicteur a traduit les paroles de l’imâm Châtibi de la manière suivante : « … ou pire encore : cela peut sous entendre qu’il sait ce que le Législateur ne sait pas, or Si c’est ça que veut l’hérétique, alors c’est une mécréance envers la loi et Le Législateur et si ce n’est pas ce qu’il veut, alors c’est un égarement évident… »
Alors que la traduction serait plutôt : « On pourrait comprendre de sa volonté de compléter les troues laissé par le législateur qu’il sait ce que le législateur ne sait pas. Si c’est ce qui est visé par l’innovateur alors c’est de la mécréance envers la législation et le législateur, mais si ce n’est pas cela qui est visé alors c’est un égarement claire »
Ma traduction était très bonne et n’a nul besoin de correction, il n’y a pas de différence au niveau du sens entre ma traduction et la tienne, et le seul but caché derrière le fait de traduire autrement les propos c’est de faire croire au lecteur que ma traduction est fausse, ce qui n’est pas vrai. Châtibî dit tout simplement que si l’innovateur veut, par son innovation, qu’Allah ignore un bien que l’innovateur connaît, c’est un mécréant.
Et cela te contredit, cher contradicteur, car tu prétend, toi, que l’innovateur s’estime comme un législateur indépendant d’Allah et estime que sa raison, en dehors d’Allah, peut désigner le bien et le mal, et pourtant d’après toi un tel innovateur est un musulman, où est-ce que Châtibî à t’il dit qu’une telle personne est musulmane ?!
 
On voit donc bien que l’imâm Châtibi a lié la mécréance de l’innovateur à la mécréance du cœur : Il dit que si par son acte (l’innovation) il veut montrer qu’il sait des choses que le législateur ne sait pas, alors c’est un mécréant, tandis que s’il ne vise pas cela alors c’est un égaré.
S’il ne le vise pas, cher contradicteur, c’est qu’il pense au contraire qu’Allah connaît mieux que lui-même la Loi, le bien et le mal, et que lui-même ne sait pas mieux qu’Allah, il pense donc suivre la voie tracée par Allah, même s’il pense qu’Allah lui a permis de consulter sa raison et son cœur pour le définir, comme l’aurait probablement fait le monothéiste qui vivait à une époque où Allah n’envoya pas de messager porteur d’une Loi émanant de Lui.
Ce qu’a cité l’imam Châtibî est l’implication de la réflexion de l’hérétique, mais l’hérétique musulman n’adhère jamais à une telle implication, il admet toujours qu’Allah est le plus savant, et qu’Il est le seul a connaître le mieux la vérité et que la meilleur loi et la seul qui doive être suivie est celle d’Allah, l’innovateur s’est juste trompé dans la délimitation des sources de la Loi.
 
Ou est donc la notion de «quiconque contredits Allah et Son messager exprès et consciemment, c’est un mécréant » ?
Cette notion est dans les propos de l’imam Châtibî, entre-autre :
كل بدعة - وإن قلت - تشريع زائد أو ناقص او تغيير للأصل الصحيح وكل ذلك قد يكون على الانفراد وقد يكون ملحقا بما هو مشروع فيكون قادحا في المشروع ولو فعل أحد مثل هذا في نفس الشريعة عامدا لكفر إذ الزيادة والنقصان فيها أو التغيير - قل أو كثر - كفر فلا فرق بين ما قل منه وما كثر
« Toute hérésie, même en petite quantité, est une législation ajoutée ou diminuée, une modification du fondement correct, et tout ceci peut être soit isolé, soit ajouté à une chose légale, ce qui sera alors une offense envers la loi. Si quelqu’un fait cela exprès dans la loi, il devient mécréant, car l’ajout, la diminution ou la modification est une mécréance, qu’il y en ait un peu ou beaucoup, ça ne fait aucune différence. » [El I3tiçâm 2/61]
 
Et ceci pour ne citer que Châtibî, sinon je pourrais bien allonger la liste. Mais je ne parviens pas à comprendre comment peux-tu douter que le fait de contredire Allah soit de la mécréance ? Contredire ne veut pas dire désobéir, contredire veut dire s’opposer à Allah, refuser, ceci est la définition même de la mécréance d’Iblîs, de Pharaon, des juifs etc… qui admettaient la vérité mais refusaient de s’y soumettre, la contredisaient et s’y opposaient.
Que dire de celui qui prie en se dirigeant vers Jérusalem au lieu de la Mecque, alors que les preuves formelles lui sont parvenues ? Que dire de celui qui prie El Maghreb en 4 unités, systématiquement, sans distraction, après que la preuve formelle lui soit établie ? etc…
 
Notre contradicteur, comme a son habitude, arnaque ses lecteurs en leur présentant des textes comme des preuves de sa thèse, mais lorsqu’on y regarde de plus prés on s’aperçoit qu’il en est rien.
En réalité, on en revient toujours à la règle de ibn 3abbass , de la totalité des Salafs, et de la totalité des savants : « La mécréance est de deux sortes : une grande mécréance qui fait sortir totalement de la Foi, c'est la mécréance du coeur qui annule la parole du cœur et l'action du cœur ou l'un des deux. Et une petite mécréance qui annule la plénitude de la Foi et non son existence. C'est la mécréance par l'acte qui n'annule ni la parole du cœur, ni l'action du cœur et qui ne l'implique pas nécessairement » (cheikh Hafidh ibn Ahmad Hakami dans son livre "A'lam assounnah al-manchoura" page 173 dans la réponse à la question 161)
Et ibn taymiya a dit  dans majmou3 fatawa (tome 14 page 120) : « Et, les actes apparents tels que la prosternation devant des idoles, l’insulte du messager, et autres ne sont des mécréances que parce qu’ils impliquent nécessairement la mécréance intérieure ».(fin de citation)
Et la règle est la même aussi bien pour l’innovateur que pour le concepteur de lois.
 
Une chose m’étonne chez toi, tu parles de mécréance du cœur et mécréance de l’acte non lié à une mécréance du cœur. Puis après tu prétends que l’innovateur est convaincu que sa raison est une source de Loi EN DEHORS d’Allah, alors question : cette croyance est elle une mécréance du cœur ou des actes ? Si c’est du cœur, est-elle majeure ou mineure ?
Si c’est une mécréance mineure, comment l’expliques-tu puisque c’est une conviction ? Et si elle est majeure, alors pourquoi tous ces longs discours, puisque tu admets que la croyance de l’innovateur est de la mécréance majeure donc je ne vois pas en quoi la question de l’innovateur poserait problème pour le législateur ?
Retour à l'accueil

Recherche

Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés