Le premier : Le commandement d'adorer Allah, Seul et sans associé ; y inciter les gens, s'allier pour cela, et juger mécréant celui qui l'abandonne.
Le deuxième : Avertir contre l'adoration d'un autre qu'Allah, faire preuve de sévérité sur cela, affirmer son opposition à cela, et juger mécréant celui qui le commet
Source : Dourar As-Saniyya
- "Si on te questionne sur ton shaykh, alors dis mon shaykh est le Messager d'Allâh [Bism2 1fee32] !" - "Si on te questionne sur ton minhaj, alors dis c'est le Coran et la Sounnâ !" - "Et si on te questionne sur ton groupe, alors dis "C'est Lui qui vous a nommé Musulmans !" (S.22-V.78)" (d'Ibn al-Qayyim RahimahouLlâh) dans son livre madâridj essâlikînEt ces deux dernières catégories sont majoritaires chez beaucoup de gens qui prétende l'islam, certains en arrivent à un degré d'ignorance de la réalité de cette parole qui les empêche de réaliser la parole du monothéisme pure, et ce qu'elle exige de faire pour être monothéiste. Et combien sont nombreux ceux qui ignorent et qui se font des illusions sur ce qu'est réellement la religion.
Après avoir pris connaissance de cela, tu sauras qu'Allah a témoigné de la mécréance des polythéistes et les a décrits de cette manière dans les versets clairs, lorsqu'Il dit dans Sa parole « Il n'appartient pas aux mouchrikîn de peupler les mosquées d'Allah, vu qu'ils témoignent contre eux-mêmes de leur mécréance. Voilà ceux dont les œuvres sont vaines; et dans le Feu ils demeureront éternellement»Sourate 9 verset 17, et également dans la sounnah.
Cheykh Al Islam dit : « Les monothéistes sunnites approuvent les messagers dans ce qu'ils informent, obéissent à leurs ordres, préservent ce qu'ils disent, le comprennent et le pratiquent, et renient la falsification des extrémistes, la profession des égarés et l'interprétation des ignorants. Ils combattent ceux qui s'opposent à eux afin de se rapprocher d'Allah, en demandant la récompense à Allah et non à eux. Les ignorants et extrémistes, eux, ne font pas de différence entre ce que les messagers ont ordonné et ce qu'ils ont interdit, ni entre ce qui est authentique à leur sujet, et ce qui leur a été mensongèrement attribué, et ils ne comprennent pas ce qu'ils ont voulu dire. Ils ne ressentent pas leur obéissance, mais ils ignorent leurs enseignements et vénèrent leurs désirs. »
Je dis : la citation d'Ibn Taymiya décrit le cas de ces deux dernières catégories. Il reste encore un thème à aborder, qu'a évoqué Ibn Taymiya : il s'agit de ne pas directement donner le statut de mécréant à une personne précise, pour une raison qu'il mentionna, et qui le força à s'abstenir de donner le statut du mécréant tant que la preuve n'a pas été établie. Il dit : « Et nous savons fatalement que le prophète salla llahou 'alayhi wa sallam n'a jamais légalisé à qui que ce soit d'invoquer un mort, ni un prophète ni un saint ni qui que ce soit, que ce soit pour lui demander le secours ou quoi que ce soit d'autres. De même, il n'a jamais légalisé à sa communauté de se prosterner pour les morts, ni vers les morts, et les choses de ce genre. Nous savons au contraire qu'il a interdit toute ces choses, et que ceci n'est autre que le Chirk qu'Allah a interdit ainsi que Son messager. Cela dit, à cause de la domination de l'ignorance et de la faiblesse de la science des récits prophétiques chez beaucoup de contemporains, nous ne pouvons leur donner le statut du mécréant pour cela, tant qu'on ne lui a pas expliqué l'enseignement du prophète. » [9]
Il a donc rappelé qu'Allah lui fasse miséricorde, ce qui le força à ne pas se prononcer quant à donner statut de mécréant sur des personnes précises, tant que l'explication ne leur a pas été faite puis s'obstinent. Il se retrouva seul sur cette voie, car les savants de son époque le jugèrent mécréant pour avoir interdit de donner des associés à Allah dans l'adoration. Il ne pouvait donc agir envers eux de la même manière qu'eux.
C'est ce qui est arrivé à notre cheykh Mouhammad Ibn 'Abdelwahhâb, qu'Allah lui fasse miséricorde, au début de sa prêche : il les entendit invoquer Zayd Ibn Al Khattâb, alors il leur dit: « Allah est mieux que Zayd... » Pour les exercer à renier le Chirk, avec des paroles douces, en prenant en considération ce qui irait à l'avantage de la prêche, pour ne pas les faire fuir.
Et Allah sait mieux, et qu'Allah salue notre prophète Mouhammad, ainsi que sur sa famille et ses compagnons.
[1] Tawhîd Al 'Ibâda, consiste à ce que le serviteur ne voue ses œuvres de culte et d'adoration qu'à Allah uniquement, et de désavouer l'adoration et le culte voué à un autre que Lui.
[2] Désavouer le Chirk signifie : Être convaincu de son invalidité, le détester le délaisser. Celui qui délaisse l'une de ces trois choses est un allié du Chirk et n'est pas musulman. Celui qui ne croit pas en l'invalidité du Chirk, ou bien croit en son invalidité mais ne le déteste pas, ou ne délaisse pas le Chirk, de peur qu'il ne perde son argent ou son travail, il n'est pas musulman.
[3] Cheykh 'Abderrahmân Al Moukhallaf dit : Celui qui en théorie ne juge pas mécréant celui qui donne un associé à Allah, il n'est pas musulman, car il a abandonné le commandement d'Allah de juger les Mouchrikoun mécréant. Cheykh Abou Boutayn a dit dans Dourar As-Saniyya 10/249 : « Quant à celui qui dit qu'il n'est pas permis de juger mécréant quiconque prononce les deux attestations, il devra forcément se contredire pour celui qui renie la résurrection ou en doute, même s'il prononce les deux attestations, ou s'il renie la prophétie d'un prophète qu'Allah nomma « prophète » dans Son Livre, ou celui qui dit qu'il est permis de faire l'adultère ou autre. Je ne pense pas qu'il se retiendra de juger mécréant ce genre là, sauf s'il est entêté et orgueilleux. S'il s'entête et s'enorgueillit, et qu'il ose dire « Cela ne lui fait aucun mal, il ne peut devenir mécréant tant qu'il prononce les deux attestations » alors il n'y a aucun doute de sa mécréance, ni sur la mécréance de celui qui doute de sa mécréance. Car lorsqu'il dit ça ; il dément Allah et Son messager, ainsi que l'unanimité des musulmans. Et les preuves de cela sont évidentes dans le Coran, la Sounnah et l'unanimité. » Fin de citation.
En réalité, celui qui s'abstient de juger mécréant les Mouchrikoun, tout en les détestant et en leur montrant son désaccord et en les désavouant, il dément Allah et Son messager car il renie la mécréance des Mouchrikoun dans leur totalité, et dit : « aucune personne précise ne peut être jugée mécréante. » Celui là contredit l'unanimité fatale de la communauté, même les Rawâfidh et autres reconnaissent cela, personne de cette communauté ne s'oppose à ça.
Par contre, celui qui ne les déteste même pas, ni ne les désavoue, celui là est mécréant car il n'a pas désavoué le Tâghoût, même s'il avoue qu'ils sont mécréants et le dit ouvertement.
Pour celui qui croit qu'il est obligatoire de juger mécréant les idolâtres schématiquement, mais se trouve dans la confusion lorsqu'il s'agit de juger une personne précise, il ne peut se trouver que dans l'une de ces deux situations :
a) Qu'il n'a pas connaissance de la situation de cette personne, ni qu'il a commis du Chirk. Dans ce cas, on lui expose la situation de cette personne et ce qu'il a commis comme Chirk, puis si après cela il continue à le juger musulman, c'est un mécréant.
b) Qu'il connaisse la situation de cette personne ainsi que ce qu'il a commis comme Chirk, mais il se trouve dans la confusion quant à la question de juger une personne précise, et pense par exemple qu'il faut d'abord lui expliquer avant de le juger, ou qu'il est excusé par l'ignorance ou autre. Dans ce cas, on lui explique avec preuve la mécréance de cette personne, puis si après cela il continue à le juger musulman, il devient mécréant. Et ceci concerne celui pour qui il est possible d'ignorer cela. Par contre, celui pour qui il n'est pas possible d'ignorer cela, mais qui s'abstient de le juger mécréant, alors il sera juger mécréant sans qu'aucune explication ne lui soit faite, car il s'est abstenu de juger mécréant celui dont il connaît la mécréance, et ceci fait objet d'unanimité auprès des savants : celui qui ne juge pas mécréant le mécréant est un mécréant. Ceci concerne celui qui ne juge pas mécréant celui qui se prétend musulman mais commet du Chirk, par contre celui qui ne juge pas mécréant le mécréant de nature, il est jugé mécréant même si aucune explication ne lui a été faite, à l'unanimité des savants. » Fin de citation.
[4] As-Sîra, signifie : le parcours. Il s'agit de la science de l'histoire et du parcours du Prophète Mouhammad, salla llahou 'alayhi wa sallam.
[5] Il faut croire que celui qui donne un associé à Allah n'est pas musulman, car celui qui ne le croit pas n'a pas compris ce que signifie le témoignage « Il n'y a de vraie divinité qu'Allah. » Car ce témoignage exige de considérer que celui qui donne un associé à Allah sort de l'islam. Celui qui croit vraiment que le monothéisme est le fondement de la religion, il devra fatalement considérer que celui qui contredit ce fondement a quitté cette religion. Par contre, le châtiment n'arrive qu'après l'établissement de la preuve.
[6] Il y a deux thèmes soulevés ici :
1) Juger mécréant l'idolâtre, ce qui signifie : lui donner le statut du mécréant, ce qui veut dire : affirmer qu'il mérite le châtiment. Ceci ne peut se faire qu'après l'établissement de la preuve, Allah a dit « Et Nous ne châtions personne tant que Nous n'avons pas envoyé de messager. » (sourate 17 verset 15)
2) Juger mécréant celui qui ne juge pas mécréant l'idolâtre : il faut croire que celui qui donne un associé à Allah n'est pas musulman, car s'il ne croit pas ça, il n'a pas compris ce que signifie le témoignage « Il n'y a de vraie divinité qu'Allah. » Car ce témoignage exige de considérer que celui qui donne un associé à Allah sort de l'islam. Celui qui croit vraiment que le monothéisme est le fondement de la religion, il devra fatalement considérer celui qui s'y oppose comme ayant quitté cette religion. Par contre, le châtiment n'arrive qu'après l'établissement de la preuve. Dès lors, il faut impérativement faire la différence entre :
a) dire d'une personne qu'elle est Mouchrik
b) affirmer qu'il mérite le châtiment, c'est-à-dire : lui donner le statut du mécréant.
Cela veut dire que celui qui adore un autre qu'Allah est un Mouchrik, que la preuve lui ait été établie ou non, qu'il le fasse par erreur ou mauvaise interprétation, cela ne change rien au faite qu'il soit un Mouchrik, même s'il prétend être musulman. Par contre, le statut du mécréant, qui signifie : mériter le châtiment, ne peut être affirmé tant que la preuve n'a pas été établie. Cheykh Al Islâm Ibn Taymiya dit dans Majmoû' Al Fatâwâ, vol 20 p 38 : « Le nom d'idolâtre est affirmé même lorsqu'aucun message n'est encore parvenu, car il donne des associés à son Seigneur et s'en détourne, et il croit en d'autre divinité qu'il met en concurrence avec Allah, bien qu'aucun prophète ne lui soit parvenu. Mais ces noms lui sont affirmés, tout comme les noms « paganisme » et « Païen », on dit d'une personne qu'elle est païenne même si aucun messager ne lui est parvenu. Mais par contre, il n'y a pas de châtiment. » Fin de citation.
Il est important de bien saisir cela : Celui qui adore un autre qu'Allah ou Lui donne un associés, nous ne lui donnons pas le statut du mécréant tant que le message d'Allah ne lui est pas parvenu, mais ça ne veut en aucun cas dire qu'il est musulman monothéiste jusqu'à ce que le message lui parvienne. Comprend bien cette nuance, et sache que celui qui dit : « Il y a trois type de gens, les musulmans, les idolâtres, et les musulmans-idolâtres » est un hérétique qui invente dans la religion d'Allah ce qui n'en fait pas partie.
[7] Cheykh Soulaymân ibn 'Abdallah Âl Cheykh a dit, dans Dourar As-Saniyya, vol 8 pp 160, 161 :
« Quant à la question : S'il n'est pas capable de lui-même prononcer leur mécréance ni de les rabaisser, quel est son statut ? La réponse est que cette personne ne peut qu'être dans l'une de ces situations :
1) Qu'il doute de leur mécréance ou l'ignore.
2) Qu'il avoue qu'eux et leurs semblables sont mécréants, mais il n'est pas capable de les affronter et de les juger mécréant.
3) Qu'il dise : D'autres que ceux-là sont mécréant, mais je ne dis pas que ceux là sont mécréant.
S'il doute de leur mécréance ou ignore leur mécréance, on lui expose alors les preuves du Livre d'Allah et de la sounnah du messager, salla llahou 'alayhi wa sallam, puis s'il doute encore après cela ou hésite, c'est un mécréant à l'unanimité des savants : celui qui doute de la mécréance du mécréant est mécréant. S'il avoue leur mécréance, mais n'est pas capable de les affronter et de les juger mécréants, c'est qu'il est transigeant, et Allah a dit « Ils aimeraient bien que tu transiges avec eux afin qu'ils transigent avec toi. » Sourate 68 verset 9, il aura alors le statut des pécheurs. S'il dit « D'autre que ceux là sont mécréants, mais je ne dis pas que ceux là sont mécréants » Il les a donc jugé musulman, car il n'y a aucun intermédiaire entre l'islam et la mécréance : s'ils ne sont pas mécréant c'est qu'ils sont musulman. De ce faite, il a donné à l'islam le nom de « mécréance » et donna aux mécréant le nom de musulman, et c'est donc un mécréant. » Fin de citation.
[8] Ces restrictions sont celle qu'on a déjà cité : La connaissance, la certitude, la sincérité, la pureté, l'amour, la soumission et l'acceptation, ainsi que le désaveu du Tâghoût.
[9] Cette parole d'Ibn Taymiya est utilisé par les gens de l'égarement et prétendent que le cheykh considère que celui qui invoque les morts et se prosterne pour eux reste musulman jusqu'à ce que la preuve lui soit établie. Ceci est faut, et la réponse à cela se fait en deux partie :
a) Lorsqu'Ibn Taymiya évoqua le fait que ces gens invoquent les morts, leur demande le secours et la protection, et se prosternent pour eux en dehors d'Allah, aucun musulman ne nous contredira sur le faite que ceci est l'adoration d'un autre qu'Allah.
b) Ibn Taymiya nous a ici décrit la situation apparente de ces gens, or il est fatalement connu en religion de l'islam que celui qui donne à Allah un associé dans l'adoration et se rapproche de lui en lui vouant des cultes, quelque soit ce culte, il a pris une divinité autre qu'Allah, et est donc impie pour cela, qu'il soit ignorant ou victime d'une mauvaise compréhension.
Donc, lorsqu'Ibn Taymiya nous dit ici qu'il ne juge pas mécréant ces gens là à cause de leur ignorance, il parle du statut de mécréance méritant le châtiment, mais il na pas voulu par là dire que cette personne n'est pas Mouchrik, car Ibn Taymiya dit dans Majmoû' Al Fatâwâ, vol 20 p 38 : « Le nom d'idolâtre est affirmé même lorsqu'aucun message n'est encore parvenu » Et il est rapporté dans Dourar As-Saniyya, vol 10 p 136, que Cheykh Hammad Ibn Nâçir Al Mou'amar a dit : « Lorsque quelqu'un commet de la mécréance ou de l'idolâtrie par ignorance, sans personne pour l'en prévenir, alors nous ne lui donnons pas le statut du mécréant tant que la preuve ne lui a pas été établie. Cependant, nous ne lui donnons pas non plus le statut du musulman, mais nous affirmons que ses agissements sont mécréance désacralisant le sang et les biens. Et même si nous ne donnons pas à cette personne le statut du mécréant, à cause que la preuve ne lui a pas été établie, il ne faut pas dire pour autant que « si on ne lui donne pas le statut du mécréant alors c'est un musulman. »
Donc, même si nous ne lui donnons pas le statut du mécréant, nous ne disons pas qu'il est musulman, mais nous disons qu'il est Mouchrik, hors de l'islam. Comprend bien cette précision.