croyance, la langue et l'action. Personne ne peut donc prétendre avoir renié le tâghoût sans porter témoignage par ces moyens, car certains peuvent le rejeter par leur langue et leurs actions, mais pas par leur croyance, c'est le cas des hypocrites. D'autres peuvent rejeter le tâghoût par la croyance mais pas par la langue comme ceux qui prêtent serment de respecter les idoles et tawâghît. D'autres encore rejettent le tâghoût par la croyance, mais pas par l'action, comme ceux qui se prosternent devant les tawâghît, leur font des promesses ou vont chez eux chercher le jugement »
Dans cette fatwa, il est clair qu'un homme devient mécréant non seulement avec la croyance qui se trouve dans le coeur, mais aussi avec la parole ou l'acte.
Allah dit: « Et si tu les interrogeais, ils diraient très certainement: « Vraiment, nous ne faisions que bavarder et jouer » Dis: « Est-ce d'Allah, de Ses versets (le Coran) et de Son Messager que vous vous moquiez? Ne vous excusez pas: vous avez bel et bien rejeté la foi après avoir cru »
(sourate at-Tawba, verset 65, 66)
Il est évident dans ce verset que ces gens n'avaient pas l'intention de commettre de la mécréance et qu'ils croyaient toujours en l'existence d'un Créateur Unique, mais ça n'a pas empêché Allah de dire que c'est des mécréants et ceci sur la base de leur parole. Une parole de mécréance est une mécréance, même si il s'agît d'un mensonge ou d'une blague.
Grand savant et cheikh de la région de Nadjd, Hamad ‘ibn ‘Attiq, rahimahoullah, répondant à ceux qui affirment que lorsqu'un homme commet une mécréance extérieure (par la parole ou l'acte) ne devient pas mécréant tant qu'il en est pas satisfait avec son coeur - dit : « Le Livre d'Allah et la Sounna de Son Prophète, sallallahou ‘alaihi wa sallam, et le concensus de la Oumma se sont mis d'accord dans le fait que quiconque dit de la mécréance ou la fait (commet avec l'acte) - devient mécréant et que pour cela n'est pas conditionnée l'ouverture de la poitrine (âme, coeur) à la mécréance. De cela (cette règle) est excepté seulement celui qui a été contraint. Et en ce qui concerne celui qui a ouvert sa poitrine (âme, coeur) à la mécréance, c'est-à-dire les a ouvert et élargi et était satisfait avec elle (la mécréance) - celui-là est un mécréant, ennemi d'Allah et ennemi de Son Prophète, même si il ne l'a pas prononcé avec la langue (la mécréance) ou commis avec les membres de son corps (la mécréance). Ceci est ce qui est connu avec les preuves du Livre et de la Sounna, et du concensus de la Oumma »
(Source : Ad-Difa' ‘an Ahlis-Sounna wal-Ittiba', pages 22-23. Edition : Dar al-Qur'anil-Kerim)
Cheikh ‘Ibn Taymiyya, rahimahoullah, a dit:
« Et c'est pourquoi toute personne chez qui les gens vont dans le but de chercher un autre jugement que le Coran et la Sounna est appelée tâghoût »
(source, madjmu' al-Fatawa, page 20)
Cheikh Abd Allah ‘ibn Abd ar-Rahman, rahimahoullah, après avoir cité quelques paroles des compagnons, des salafs et des savants du Tawhid - dit:
"Le tâghoût comprend tout ce qui est adoré en dehors d'Allah, tout chef égaré qui appelle au mensonge et l'embellit. De même, toute personne que les gens ont élus pour qu'elle juge entre eux avec des lois de la djahiliyyah (ignorance), contraires au jugement d'Allah et de Son Prophète. De même, les sorciers, ceux qui parlent au nom des statues, qui en mentant veulent attirer les ignorants dans l'égarement en leur suggérant qu'un mort exauce le besoin de celui qui s'adresse à lui et qu'il a fait ceci et cela, ce qui est ou un mensonge, ou un acte du diable. Ainsi, il les attire dans le grand chirk... Et la base de toutes ces sortes, et le plus grand parmi eux est le chaytane. C'est lui le plus grand tâghoût"
(Fatawas des savants (Oumma) de Nadjd, 1/325)
Cheikh ‘Ibn al-Qayyim, rahimahoullah, a dit:
« Le tâghoût est tout objet de culte, modèle suivi ou obéi (explication : il s'agît de l'obéissance dans la mécréance) par lequel l'homme dépasse ses limites. Le tâghoût de chaque peuple est donc celui à qui ils demandent jugement, au lieu d'Allah et de Son Messager, sallallahu ‘alayhi wa sallam, ou ce qu'ils adorent d'autre qu'Allah, ou à qui ils obéissent sans que cela ne soit d'après une preuve venant d'Allah, ou à qui ils obéissent sans savoir s'ils obéissent en cela à Allah, tout ceci sont les tawâghît de ce monde. Si tu les remarques, et que tu remarques la situation des gens envers eux, tu constateras que beaucoup d'entre eux se sont détourné de l'adoration d'Allah pour aller adorer le tâghoût, ou de l'obéissance d'Allah et du suivi du Messager, sallallahu 'alayhi wa sallam, pour obéir au tâghoût et le suivre »
Il s'agit d'obéissance et du suivi dans la mécréance et non pas dans le pêché.
Sache, qu'Allah te guide, que la demande de « justice » au tâghoût est une adoration du tâghoût. Ceci est prouvé par le verset suivant:
Allah dit: « N'as-tu pas vu ceux qui prétendent croire à ce qu'on a fait descendre vers toi (prophète) et à ce qu'on a fait descendre avant toi? Ils veulent prendre pour juge le tâghoût, alors que c'est en lui qu'on leur a commandé de ne pas croire. Mais le Diable veut les égarer très loin, dans l'égarement »
(sourate an-Nisa', verset 60)
Allah dit que celui qui demande justice au tâghoût fait partie de ceux qui prétendent croire en ce qu'Allah a fait descendre vers le Prophète, sallallahu ‘alayhi wa sallam. Allah dit aussi dans ce verset que c'est en le tâghoût qu'Il a ordonné de ne pas croire, souviens toi, ceci est le premier pilier du Tawhid, mécroire en tâghoût. Donc, celui qui demande « justice » au tâghoût, croit en lui et ainsi s'oppose au pilier indispensable qui fait d'une personne qu'elle soit musulmane. C'est d'ailleurs ce qu'a dit cheikh AbdourRahman 'Ibn Hassan, rahimahoullah, dans « Fath al-Madjid ».
Cheikh Souleymane ‘Ibn Abdallah, a dit dans son livre « Tayssir al-'Aziz al-Hamid » page 419:
« Dans ce verset, se trouve la preuve que délaisser le jugement du tâghoût, c'est-à-dire jugement autre que le Coran et la Sounna, fait partie des obligations de la Religion, et celui qui demande justice au tâghoût n'est pas croyant, encore moins musulman »
Allah dit dans ce verset que celui qui demande « justice » au tâghoût est en réalité quelqu'un qui est très loin dans l'égarement: « Mais le Diable veut les égarer très loin, dans l'égarement » A chaque fois, qu'Allah fait allusion dans Son Livre à l'égarement lointain ou profond, c'est pour désigner le grand chirk (association) ou la grande mécréance qui expulse son auteur de l'Islam. Rappelle toi, qu'Allah te guide, que « le Jugement n'appartient qu'à Allah », ceci est donc l'Unicité d'Allah dans la Seigneurie. Tout comme la Création ou la connaissance de l'invisible appartiennent à Allah, il en est de même pour la Législation. Reconnaître l'Unicité d'Allah dans la Seigneurie ne servira à rien si cette reconnaissance n'est pas accompagnée de l'Unicité d'Allah dans l'Adoration. Ainsi, sachant que l'invocation, qui est une adoration, n'appartient qu'à Allah, si une personne invoque autre que Lui, elle ne sera pas musulmane. Il en est de même pour le jugement. Sachant que le jugement, n'appartient qu'à Allah (Coran), si une personne demande jugement à autre que Lui, elle ne sera pas musulmane. Donc, il est indispensable de compléter l'Unicité de la Seigneurie avec l'Unicité de l'Adoration, sinon l'Islam n'est pas valable et cette religion serait la religion des Quraychites qui reconnaissaient l'Unicité dans la Seigneurie, mais invoquaient autre qu'Allah et ainsi faisaient du chirk dans l'Unicité dans l'Adoration. Pourtant, Allah les a appelé d'associateurs, malgré l'ignorance, la mauvaise compréhension, l'effort fourni afin de trouver la vérité (idjtihad), le suivi aveugle des ancêtres, l'orgueil ou autre. En effet, une personne contredisant le fondement de l'Islam, le Tawhid, n'a pas d'excuse, ce qui n'est pas le cas dans d'autres sujets, qui ne touchent pas au Tawhid.
Cheikh ‘Ibn al-Qayyim, rahimahoullah, a dit au sujet de la parole du Très-Haut: « Non! Par ton Seigneur! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu'ils ne t'auront demandé de juger de leurs disputes et qu'ils n'auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu'ils se soumettent complètement (à ta sentence) »
(sourate an-Nisa', verset 65)
Il ('Ibn al-Qayyim) dit: « Allah a juré qu'ils ne seront pas croyants jusqu'à ce qu'ils prennent pour juge Son Messager, sallallahu 'alayhi wa sallam, et jusqu'à ce que l'angoisse se dissipe dans leur intérieur par rapport à son jugement, et jusqu'à ce qu'ils se soumettent complètement à son jugement. Et ceci est la vraie satisfaction de son jugement. Donc la demande de jugement se situe au niveau de l'Islam, la dissipation d'angoisse, au niveau de l'Iman, la soumission complète, au niveau de l'Ihssan »
(source, madaridj essalikin, 2/201, édition « dar lkoutoub l'ilmiya »)
Sache, qu'Allah te guide, que toutes ces paroles, en commençant par Celles d'Allah, ne suffisent pas à certains égarés qui sont allés chercher des ambiguïtés hallucinantes pour permettre le chirk, la demande de « justice » au tâghoût. Une des pires et insultantes ambiguïtés qu'ils ont dégotées est celle de dire, que cet acte n'est pas une demande de justice, mais plutôt une demande d'un bien qui va être perdu.
Sache, qu'Allah te guide, que le fait de changer le nom au chirk ne change pas son acte. Cheikh AbdoulLatif ‘Ibn AbdourRahman, rahimahoullah, répond à ce genre d'extrémistes dans ad-Dourar as-Saniyyah, 12/283, en parlant de gens qui ont appelé le chirk et l'adoration des morts par le « tawassoul ». Pourtant ce changement de nom au chirk n'a eu aucun effet sur le chirk. En effet, celui qui insulte Allah peut appeler ça comme il le veut, ça reste une insulte. De même, celui qui se rend chez le tâghoût, pour qu'il lui rende un jugement, il peut dire ce qu'il veut et appeler ça comme il le veut, l'acte en lui-même ne change pas, et cet acte est la demande de « justice » au tâghoût. Pour récupérer son bien, cette personne va tout mettre en oeuvre pour convaincre le juge afin que le jugement soit en sa faveur. C'est justement ça, la demande de « justice » au tâghoût. Il va peut-être même engager un avocat pour qu'il le représente avec la loi du tâghoût, afin de récupérer son bien. Et en agissant ainsi, il ne fait aucun doute que cette personne sera satisfaite du verdict et du jugement du tâghoût, or la satisfaction du jugement du tâghoût est une mécréance, car Allah a ordonné son désaveu, par le coeur, la parole et l'acte.
La deuxième folie, pour ne pas dire ambiguïté, c'est la parole de ceux qui disent que ceux sur qui ont été révélés les versets désiraient la demande de justice au tâghoût, parce qu'ils n'étaient pas satisfaits du jugement d'Allah et de Son Messager, sallallahu ‘alayhi wa sallam, par contre nous, nous demandons justice, mais nous ne le désirons pas.
Sache, qu'Allah te guide, que celui qui demande quelque chose, mais ne le désire pas, ne peut être qu'un fou. Admettons, qu'il soit normal... Ceci ne change rien au fait qu'il a contredit le Tawhid avec l'acte, or tu as appris, qu'on sort de l'Islam, que ce soit avec le coeur, la parole, ou l'acte.
La troisième ambiguïté que ces gens propagent est de dire qu'il ne s'agit pas du grand chirk qui expulse de l'Islam, mais du petit chirk, comme le fait de jurer par Allah.
Sache, qu'Allah te guide, qu'il est connu que le fait de jurer par autre qu'Allah n'a pas été interdit dès le début de l'Islam. Ce n'est que par la suite que les textes sont venus interdire le fait de jurer par autre qu'Allah. Le Prophète, sallallahu 'alayhi wa sallam, a dit: « Certes Allah vous a interdit de jurer par vos ancêtres » Ce hadith est rapporté par l‘Imam al-Boukhari, rahimahoullah. Comment peut-on comparer ce qui n'a pas été interdit dès le début de l'Islam avec ce sans quoi l'Islam du serviteur ne peut être valide, à savoir, mécroire au tâghoût ou le désaveu de tout jugement en dehors du Jugement d'Allah et de Son Messager, sallallahu 'alayhi wa sallam? Comment peut-on comparer ce
qui n'a pas été interdit dès le début de l'Islam avec ce qui est connu avec la raison saine, c'est-à-dire le Tawhid qui comprend aussi le fait qu'Allah est le Juge et que le Jugement Lui appartient?
La quatrième ambiguïté, c'est la parole du cheikh ‘Ibn Taymiyya, dans « madjmu' al-Fatawa » sur laquelle s'appuient certains qui est:
« Et ceux-là qui ont pris leurs moines et rabbins comme seigneurs lorsqu'ils leur ont obéi dans le fait de rendre hallal ce qu'Allah a rendu haram, et haram ce qu'Il a rendu hallal sont de deux sortes:
1. Qu'ils sachent que ces derniers ont changé la Religion d'Allah, alors ils suivent leurs dirigeants dans ce changement, en étant convaincu de la permission de ce qu'Allah a interdit et de l'interdiction de ce qu'Allah a permis, tout en sachant qu'ils contredisent la religion du Messager, sallallahu 'alayhi wa sallam, ceci est de la mécréance.
2. Leurs convictions et leur foi soient fermes en l'interdiction du permis et la permission de l'interdit, mais ils leur obéissent dans la désobéissance à Allah, comme lorsque le musulman fait des péchés tout en croyant que ce sont des péchés. On applique alors sur ces derniers la même règle appliquée sur ceux qui font des péchés »
Sache, qu'Allah te guide, que ces gens n'ont pas saisi la différence entre l'obéissance dans le pêché, qui est un pêché, et l'obéissance dans l'association, qui est une association. Celui qui commet un pêché ou encore celui qui obéi dans le pêché, ne sort de l'Islam que lorsqu'il rend ce pêché licite. Tandis que celui qui commet du chirk ou obéi dans le chirk, sort de l'Islam, même si il déteste ce chirk ou il ne le rend pas licite.
Quant à la demande de jugement, il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'une adoration, telle que la prière ou autre.
La cinquième ambiguïté est celle de ceux qui disent: « Si ce jugement auquel on va demander justice est contraire au Jugement d'Allah, alors il n'est pas permis d'y demander justice. Par contre, s'il est en accord avec le Jugement d'Allah, comme le jugement de l'équité afin de restituer les biens, alors cela est permis »
Sache, qu'Allah te guide, qu'Allah a dit qu'ils veulent prendre pour juge le tâghoût, or le tâghoût est soit la personne qui applique une autre loi que Celle d‘Allah, soit la loi votée par le peuple, même si elle est en accord avec le Coran, car elle est le fruit de la démocratie, pouvoir de législation au peuple et non à Allah. Donc, cette ambiguïté n'est qu'une tentative supplémentaire du Diable d'égarer les gens, loin dans l'égarement.
Enfin, la sixième ambiguïté est la parole de ceux qui disent: « On ne trouve pas d'autorité religieuse qui pourrait me rendre mon droit, je suis dans la nécessité de faire ceci »
Regarde, qu'Allah te guide, les mots: « je suis dans la nécessité ». Ces gens prétendent être dans la nécessité de faire du chirk, alors qu'Allah le pardonnera seulement dans la contrainte. C'est triste que les gens n'oublient pas leurs « droits », mais ils oublient le droit d'Allah sur Ses esclaves qui est le Tawhid et donc, le désaveu du tâghoût. Ces gens affirment qu'on peut associer à Allah pour récupérer ses biens, et ceci parce qu'il n'y a pas d'État Islamique. Donc, d'après eux, on peut aussi insulter Allah, ou se prosterner devant une statue, afin de récupérer nos biens, et ceci parce qu'il n'y a pas d'État Islamique. Certainement qu'ils te diront que l'exemple cité n'est pas pareil, mais sache, qu'ils disent ceci uniquement parce qu'ils n'ont pas acquis la connaissance du Tawhid, et de part ce fait, n'ont pas reconnu le chirk (association) dans le Jugement. L'association expulse son auteur de l'Islam, qu'il y ait ou qu'il y ait pas d'État Islamique.
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